San Giovanni Battista (Saint Jean Baptiste)

A gauche: San Giovanni/Eglise des riches............................... A droite: San Quilico/Eglise des pauvres

Le village de Carbini est l’un des rares exemples en Corse où trois édifices ont existé en même temps : un campanile construit par Maestru Maternatu et deux églises Saint Jean Baptiste et Saint Cyr.

Aucune investigation n’a été faite à ce jour par des liturgistes et les fouilles archéologiques effectuées sur le site datent de 1959.

Pourtant on sait que dès l’antiquité de nombreuses formes architecturales étaient déterminées par des pratiques liturgiques précises.

Les églises doubles ont souvent permis d’opérer une distinction entre église des fidèles et église du clergé. 

La présence plus que probable d’un baptistère que les sondages succincts de 1959 n’ont pas permis de découvrir, atteste que ce village a été un évêché durant le haut moyen âge. De plus il a été l’épicentre de la christianisation du sud de la Corse et de la reconquête sur les sarrasins.

Dans son ouvrage « les églises romanes de Corse » édité en 1967, l’archéologue Madame Moracchini-Mazel faisait allusion à deux fragments d’une inscription funéraire romaine sans plus de commentaire. Elle les avait découverts dans les gradins du maître autel.

Ces fragments de stèles funéraires ont été photographiés en juin 1999 soit quarante ans après les premiers sondages. Ils étaient dans la cave de la mairie (anciennement le presbytère) où ils avaient été déposés et confiés à l’abbé Le Paul.

Une rencontre a été organisée avec l’archéologue cette année-là. À la suite de cette visite et très aimablement elle a publié une mise à jour de son rapport de fouilles : LES EGLISES PIEVANES DE CORSE XXIV. LA PIEVANI DE CARBINI, LES CAHIERS CORSICA, N° 196, 2001.

L’inscription funéraire sur un des fragments nous apprend que la sépulture fut faite pour lui (?), les affranchis et les descendants.

Les photos ont été confiées à un épigraphiste dont les commentaires furent les suivants : « Les deux premières lignes contiennent la fin d’une épitaphe classique avec la formule bien connue (sibi et suis libertis libertabus- posterique eorum). Je ne pense pas que cette formule soit postérieure au 3ème siècle, voire au début du 4ème. Elle n’a évidemment rien de chrétien. »

« La troisième ligne constitue manifestement une addition. Les caractères sont différents (Placuit senatui : le Sénat a décidé) et postérieurs aux précédents. Faut-il les attribuer au 4ème ou au 5ème... Il aurait été décidé à ce moment quelque chose de relatif au monument, peut être sa restauration».

La photo du fragment a illustré également le paragraphe consacré à la Piévanie de Carbini dans un ouvrage de synthèse qu'elle a publié en 2004: CORSICA SACRA VOLUME I IVème-Xème siécles Editions A STAMPERIA.

Vue de la partie du campanile restaurée en 1904 dont les plans avait été dessinés par l’architecte A. Ballu .

 

Cette carte postale ancienne montre le campanile et  l’église Saint Jean Baptiste peu après les travaux de restauration dirigés par le Maître maçon Jean-Dominique Bartoli.


 

Son petit fils Dominique Bartoli a retracé toute l’histoire de cette restauration sur un site internet très documenté :  http://corse-carbini.fr/

 

La symbolique de Saint Jean Baptiste

Cette église de style roman pisan est un temple de l’image. Mais pourquoi tant d'images sur cet édifice ? Les sculptures présentes ne sont pas que décoratives au sens où on l'entend aujourd'hui et elles ne sont pas disposées non plus par hasard.

Elles remplissent donc des fonctions théologiques, liturgiques, cultuelles et symboliques. La fonction liturgique donne à tous ses symboles une place centrale dans une dimension spatiale et visuelle. Ces images sont donc peut-être destinées au regard de Dieu plutôt qu'à celui des hommes.

Les photos détaillent les modillons sculptés et les arcatures lombardes placées très hautes et donc très peu visibles pour un œil contemporain non averti.

La nature et l'histoire sainte sont les deux grands domaines illustrés par ces modillons. Mais ces images peuvent être lues à deux niveaux différents de compréhension et d’interprétation : le niveau externe là où on reconnaît la scène, et un autre plus profond, le niveau symbolique, que seuls les initiés étaient capables de comprendre.

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